L'avis d'un paroissien ordinaire
Par Jean-Baptiste Maillard le lundi 25 mai 2009, 10:43 - analyses - Lien permanent
« Viens Esprit Saint ! Allume en nous le feu de ton Amour ! »
Belle, très belle prière dite depuis toujours et répétée souvent par chacun de nous, pratiquants des paroisses de France. Mais souhaitons nous vraiment, que le Seigneur, par Son esprit, nous mette en feu ?
Souhaitons-nous vraiment qu’Il nous dise au fond de nos cœurs : « je t’envoie, oui, tu dois partir, quitter ton grand confort de petite société, occidentale, recroquevillée sur elle-même, désolée en permanence du recul du christianisme, de plus en plus effrayée par la montée de l’athéisme et des intégrismes mais pas prête à changer de vie » ?
Un moment de honte et de peur est vite oublié. Nous sommes encore très nombreux, regardez les JMJ : des millions de jeunes cathos, pas de quoi s’alarmer ! Et puis nos paroisses ne « fonctionnent » pas si mal que cela : on baptise de plus en plus d’adultes, on se marie à l’église davantage qu’il y a quelques années, parait-il… et on enterre encore, surtout dans les belles campagnes françaises.
Mais pour se rassurer ainsi, il convient d’oublier la sécularisation, la confusion profonde des esprits sur les questions anthropologiques les plus graves, la montée de l’indifférentisme, le réveil vigoureux des sectes, l’attirance de plus en plus forte des jeunes français pour l’islam, le triomphe de l’hédonisme et du matérialisme le plus flamboyant…
Ne vivons-nous pas un peu la même chose que ce que vécurent nos pères des premiers siècles quand l’Empire s’écroulait au milieu de la décadence générale des mœurs et des intelligences ?
Oui, le Seigneur nous envoie et envoie son Eglise en plein vent : il faut sortir de nos illusions, de nos imaginations rassurantes. Il nous faut ré évangéliser, avec une ardeur nouvelle et des modalités nouvelles… Jean-Paul II nous l’a si bien expliqué.
Il faut sortir de nos églises chauffées, prêcher dans les rues et sur les parvis, et ne pas seulement le chanter ; il nous faut descendre dans les boites de nuit et quitter les quartiers bourgeois où l’argent a depuis longtemps remplacé les préoccupations spirituelles : les pauvres nous attendent, eux !
Ceux qui sont venus en France, chercher le bonheur et n’y trouvent que l’individualisme, ceux qui n’ont plus assez de force à cause de leurs souffrances pour crier vers le Seigneur et sont récupérés par les idéologues de tout poil ; ceux qui ne savent pas que le Christ veut et peut les libérer et non les enfermer dans un club de gens biens sous tous rapports.
Alors dirons-nous « oui, Seigneur, je viens ; oui, Tu peux compter sur moi, je te donne ma vie, toute ma vie, je veux être ton disciple, tel que je suis ici et maintenant, jeune, père, mère de famille, prêtre, religieux, dans la force de l’âge ou vieillard, oui, je serai ton missionnaire du XXIe siècle » ? Ceux qui prennent la parole dans les pages qui suivent, ont dit « oui » et Le Seigneur leur a donné le bonheur.
François Jusot



Commentaires
doit-on parler de montée de l'athéisme ? N'est-ce pas plutôt une baisse du religieux ? L'athéisme n'est pas un mouvement. On ne se dit pas athée et on ne se définit pas en tant qu'athée.
Je pense qu'il est très important de voir la différence car on cours trop vite après du vent. L'athéisme ne monte pas, c'est dieu qui reste en l'air.
Il y a des moments dans l'histoire où c'est bien d'être dans tel courant de pensée. Il y a 20 ans, il était bien d'être un intellectuel de gauche, aujourd'hui il est séant d'être athée. Le Christ notre Seigneur a dit" Je vomis les tièdes" . Sommes nous brulants où tièdes? Le renouveau de la chrétienté ne se fera pas sans un engagement total et actif de toute la communauté, et cela dans toutes les activités de l'église, derrière son pasteur. C'est là que mon modeste avis.
Le Saint Père Benoît XVI est en train de reconstruire par le sommet avec patience, intelligence et charité; son bon sourire parfois légèrement malicieux est le réconfort des pécheurs. C'est un terrible exemple pour l'ensemble des fidèles, des prêtres, des religieux et des religieuses. il proclame la Vérité à temps et à contre-temps, sans craindre l'hostilité des média et l'incompréention du monde politique règnant. Puise-ton à son exemple bannir tout respect humain et travailler dans la Vigne.
qu'entendez-vous par "bannir tout respect humain" ?
A ce cher Mathieu : respect humain = "crainte qu'on a du jugement des hommes", selon le Petit Larousse ; donc "bannir tout respect humain" ce n'est pas arrêter de respecter les hommes, mais c'est arrêter d'avoir peur de ce que les autres vont penser de nous-mêmes ! (c'est vrai que cette expression peut porter à confusion).
merci de cette précision (j'étais un peu interloqué)