Dieu est de retour : l'interview dans Il est vivant!
Par Jean-Baptiste Maillard le dimanche 11 octobre 2009, 22:55 - revue de presse - Lien permanent

J'étais interviewé le mois dernier dans Il est vivant! : voici les réponses aux questions posées !
Après ce tour de France des clochers, pouvez-vous nous dire comment vont les catholiques de notre pays ?
Ils vont beaucoup mieux qu’on ne le pense, surtout quand ils évangélisent. J’ai vu des grands-mères, lancées par leur curé, se mettre à l’évangélisation en disant « nous n’avons jamais annoncé le Christ dans la rue, cela nous fait peur, mais il faut bien s’y mettre ». J’ai rencontré de jeunes ados totalement décomplexés par l’annonce de l’Evangile, n’ayant pas peur d’aller au contact de personnes ayant déjà bien avancé dans la vie. J’ai vu les videurs d’une boîte de nuit abasourdis que l’Eglise puisse envoyer un prêtre sous les décibels et les stroboscopes pour rencontrer les jeunes et leur parler du Christ.
Vous posez en réalité la question de l’avenir du christianisme… Quels sont vos motifs d’espérer ?
Ils sont nombreux et le premier d’entre eux est que le Christ a vaincu la mort. L’Evangile peut changer le monde. Dieu est amour et cet amour, s’il est proclamé sur les toits, peut interpeller nos contemporains en quête de sens à leur vie, jusqu’à bouleverser toute leur existence et rendre à leur tour ce qu’ils ont reçu. Nous sommes à un tournant de l’histoire du christianisme : nous retrouvons la compréhension de la mission première que le Christ nous a confié : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » (Mt 28,19-20). Face à un monde qui part à la dérive, l’Esprit Saint rappelle sans cesse aux catholiques l’urgence de l’évangélisation. Une enquête de terrain telle que Dieu est de retour révèle que cette prise de conscience donne déjà de très nombreux fruits, encore inconnus du grand public, mais sources de conversions.
Quelle est la situation de la nouvelle évangélisation en France ?
Entendue non pas comme une « mouvance » - ou alors celle de l’Esprit Saint - l’évangélisation nouvelle a bel et bien commencé. Par cette expression, Jean-Paul II entendait « nouvelle dans ses méthodes, dans son ardeur et dans son expression ». Si les méthodes font encore débat, elles sont de plus en plus nombreuses, comme en témoigne mon livre : on peut évangéliser dans la rue, par le porte-à-porte, par le stop, par la beauté, avec les enfants, les jeunes, par la musique, au travail, en couple, en famille, à moto, en paroisse, auprès des autres confessions... il y en a pour tous les goûts ! Quant à l’ardeur, elle est au rendez-vous. Tout cela s’exprime de plus en plus concrètement, par exemple avec le festival Anuncio ou le Festival Marial International, qui ont eu lieu cette année pour la deuxième fois consécutive. Lancés par de jeunes laïcs qui sont plutôt des « outsiders » parmi les habitués de l’évangélisation, il y a fort à parier que ces deux évènements prendront de plus en plus d’ampleur dans les années qui viennent. Beaucoup d’autres initiatives sont en train de fleurir !
Le terrain paroissial saurait être un champ particulièrement propice à l’évangélisation : qu’en est-il ?
La paroisse est le lieu majeur de la vie de l’Eglise, où la communauté chrétienne se rassemble, prie autour de l’Eucharistie, et donc, si elle est accueillante et aimante, témoigne de Jésus-Christ. La paroisse – l’Eglise - a un avenir si elle évangélise. Le Père Yves Le Saux, avant d’être nommé évêque du Mans par Benoît XVI, disait lors d’un colloque organisé par la Communauté de l’Emmanuel : « Si un curé veut encore avoir des brebis, il doit aller les chercher ». On constate que lorsqu’un curé lance sa paroisse dans le porte-à-porte, l’évangélisation de rue ou les cellules paroissiales d’évangélisation, celle-ci attire de plus en plus de personnes, souvent éloignées de Dieu et de l’Eglise.
Vous lancez un appel à « évangéliser les évangéliques »… Un vrai défi, car leur zèle est particulièrement grand ! Mais en a-t-on les capacités ?
Ce n’est pas une question de capacité, mais une question de foi. Si nous croyons vraiment que Jésus, Fils de Dieu, est ressuscité, alors nous n’avons rien de moins que nos frères protestants. A bien y regarder, nous avons même beaucoup plus : nous croyons en la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie, et pouvons l’adorer ; nous avons la Vierge Marie qui nous ouvre les chemins pour conduire les âmes à Celui qu’elle a enfanté ; nous avons les sacrements, les saints, un Saint-Père et toute la richesse du Magistère de l’Eglise ! Avec tous ces cadeaux du ciel, nous devons apprendre, au contraire, avec toujours plus d’audace, à proposer la foi vécue dans l’Eglise comme un trésor inestimable. Vatican II nous dit que l’Eglise est le plus court chemin vers Dieu pour l’homme moderne. L’Eglise catholique a la plénitude des moyens de salut (1) et selon le Concile, elle doit croître « dans la plénitude de la catholicité qui lui est propre en ceux de ses fils qui, certes, lui appartiennent par le baptême, mais se trouvent séparés de sa pleine communion » (2). Dans la déclaration Dominus Jesus, Benoît XVI alors cardinal Ratzinger nous rappelle que « l’Eglise du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Eglise catholique » (3). Puisque la plénitude nous est donnée dans l’Eglise catholique, nous pouvons prier et espérer que tous les chrétiens y adhérent pleinement, et leur proposer ce cheminement.
Nous devons aussi reconnaître qu’il existe des expériences authentiques vécues dans les communautés séparées afin de mieux vivre nous-même l’expérience de l’évangélisation. Cela doit nous aider à renouveler notre vision de la mission première de l’Eglise qui consiste à annoncer le Christ, mais aussi à devenir plus pleinement l’Eglise du Christ, qui accueille dans l’unité tous les chrétiens.
La tentation est grande de se laisser déstabiliser, mais ne baissons pas les bras. Nous avons reçu l’Esprit Saint tel qu’il a été donné à la Pentecôte : « Vous recevrez une puissance quand l’Esprit Saint viendra sur vous » (Ac 1,8) et cela traverse notre histoire.
Quelle est l’initiative qui vous a, personnellement, le plus bouleversé ?
Ce curé de paroisse, que j’ai rencontré au « hasard » d’un TGV Lourdes-Paris : il a repris la pastorale de sa paroisse pour en faire une communauté véritablement missionnaire, avec courage et doigté. A sa demande, je suis venu parler d’évangélisation à ses paroissiens et je dois dire que j’ai été bouleversé par leur envie et leur joie d’évangéliser. Ils ont distribué des « pains de la Parole » sur les parkings, de nombreuses personnes ont été touchées. Comme, par exemple, Anthony, 20 ans, au visage fermé, vêtu de noir, piercing, épingles à nourrices sur ses vêtements, qu’un couple de missionnaires a rencontré. S’approchant de lui pour lui proposer une veillée de prière organisée par la paroisse, Anthony répond qu’il donnera l’invitation à son père, qui est croyant. On lui propose de prendre une petite phrase de la Bible pour son père et il en demande une pour lui aussi. Une terrible gêne naît chez les deux époux missionnaires en l’entendant lire à voix haute ce passage sévère qui condamne ceux qui restent avec un esprit de vengeance et sont violents. Mais, surprise, Anthony leur dit spontanément « merci » les yeux plein de larmes. Avec pudeur, il leur explique qu’il avait des idées de vengeance envers quelqu’un et qu’il allait les mettre en pratique. Anthony leur précise alors que cette parole reçue l’en dissuadait juste à temps et qu’il ne commettrait donc pas l’irréparable. Lui proposant de déposer dans la prière son fardeau et la personne qui l’avait blessé, Anthony a écrit quelque chose avec fougue sur le bout de papier et il leur a dit un grand « merci » et « que vous soyez remerciés pour cette initiative ».
(1) Abrégé Catéchisme de l’Eglise Catholique n. 166.
(2) Constitution œcuménique Vatican II, Décret Unitatis redintegratio, n. 4.
(3) Joseph Ratzinger, déclaration Dominus Iesus sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise, Congrégation pour la doctrine de la foi, 7 août 2000, §16.



Commentaires
Je suis heureux de savoir qu'en France une nouvelle évangélisation est si active. Cela nous reconforte dans l'ésperance. Au Viet Nam, elle est dans ses debuts. Prions les uns pour les autres.
il est urgent de mettre notre vie a l évangilisation car jesus est de retour sous peu,il doit nous trouver entrain d accomplir mathieu 24 verset 14 sino se réalisera pour nous 1 corinthiens 9 verset 16 toutes les prophéties sur le retour du christ sont en pleine rélisation tu veux les connaitres appelle moi fannycros@yahoo.fr
Là où il n'y a pas la charité, DIEU n'est pas, ni Sa VIE dans les personnes, ni la vie des personnes en LUI. Ceux qui veulent suivre JESUS-CHRIST ne doivent pas être passionnés pour la vie matérielle.
Pauvre science qui ne veut être que "science", et repousse la SAGESSE!
La science peut confirmer la Sagesse, mais elle ne peut pas l'abolir, sinon elle éteint un océan de lumière si utile aux âmes et aux intelligences humaines.
Malheur à ceux qui éteignent cette lumière!
Va-t-on vers la Lumière pour mieux voir ou pour mieux briller ?